La torréfaction du café: comment ça marche?

01 Sep La torréfaction du café: comment ça marche?

La torréfaction du café est l’action de cuire, de chauffer, de griller de façon à transformer le grain de café vert en grain de café torréfié. Le matériel qui servira à cette cuisson est appelé torréfacteur. Si, jadis, les familles torréfiaient leur café elles-mêmes, cette opération fondamentale est désormais une affaire de spécialistes. Aujourd’hui, le torréfacteur, ou maître torréfacteur, chauffe le grain de café vert afin de le transformer et obtenir un grain brun composé de plus de 800 molécules aromatiques.

À quoi sert la torréfaction?

La torréfaction est sans nul doute l’étape la plus importante dans la fabrication du café. Les grains verts n’ont en effet aucun arôme, mais la chaleur va avoir plusieurs incidences sur les grains:

  • Ils vont perdre une partie de leur eau et gonfler légèrement;
  • Leur couleur va se transformer progressivement;
  • La décomposition thermique de certains composés chimiques va permettre de développer l’arôme.

 

 

torrefaction

 

 

Le résultat (c’est-à-dire le goût du café) dépendra cependant des paramètres suivants:

  • La variété et l’origine géographique du café ; (l’altitude, le type de sol, angle du sol, l’ensoleillement, le climat, l’humidité);
  • Les conditions de traitement après la récolte;
  • La torréfaction;
  • La préparation finale.

 

Sans la torréfaction, aucune de ces étapes ne pourrait permettre d’obtenir l’arôme que l’on connaît. Cette transformation chimique en chaîne, la torréfaction, a été découverte par deux chimistes Maillard et Strecker.

 

La réaction chimique de Maillard

C’est l’interaction sous l’effet de la chaleur, entre le sucre et les acides contenus naturellement dans le café qui va amener une caramélisation. Cette caramélisation se caractérise par le changement de la pigmentation/couleur et a pour effet de donner au café tous ses arômes.

La réaction de dégradation de Strecker

C’est la modification chimique qui se produit en cascade après la réaction de Maillard. Elle entraîne un dégagement de CO2 et est responsable de la mousse dans la préparation du café en version espresso, appelée crema.

 

Déroulement technique

Le café vert arrive dans le four par une trémie située en haut de la machine. La torréfaction se fait dans un grilloir cylindrique composé de pales appelé torréfacteur. Le tambour qui entoure le torréfacteur est chauffé à l’électricité, au bois ou au gaz, et reste constamment en rotation (principe de la machine à laver). Cette opération permet de mettre en œuvre un transfert de chaleur continu, sans que les grains ne touchent directement et de manière prolongée à une surface chaude.

 

La chaleur du four doit être comprise entre 180 °C et 220 C ° lorsque les grains arrivent. Leur « fraîcheur » fait alors chuter la température du torréfacteur à 120 °C, mais cette dernière remonte doucement jusqu’à environ 200 °C en l’équivalent de 15 minutes. Cette opération, mettant en œuvre un transfert de chaleur, est complexe, car elle s’accompagne de transformations physiques et chimiques entraînant des problèmes de friction et de compression à l’intérieur des fèves. Ce transfert de chaleur est fonction d’une caractéristique importante des fèves de café : la conductibilité thermique.

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Durant cette période, le maître torréfacteur analyse et régule la source de chaleur en fonction des réactions du café. La responsabilité du torréfacteur est de déterminer le développement de la torréfaction (durée, température, circulation de l’air, etc.) Souvent, le contrôle de la torréfaction se fait de manière automatique durant les 17 premières minutes. Une fois ce quart d’heure passé, le torréfacteur juge le résultat obtenu grâce à un hublot et une sonde avec laquelle il peut prélever quelques grains de café. Son analyse à la fois visuelle, olfactive et auditive lui permet d’évaluer la torréfaction. Si elle lui semble « à point », il ouvre la porte métallique du torréfacteur pour laisser les grains de café s’écouler dans un bac de refroidissement. Des pales et un puissant ventilateur entrent alors en action afin de refroidir rapidement les grains. Sans cette étape, les grains de café continueraient de chauffer et la torréfaction dépasserait alors le niveau voulu.

La torréfaction et le goût

Comme pour d’autres produits, tels que le vin, l’arôme joue un rôle prépondérant dans le plaisir qu’on éprouve à boire une tasse de café. Cet arôme est perçu par la muqueuse nasale soit directement, par le nez, soit rétronasalement par le pharynx lorsque les composés volatils remontent vers la muqueuse olfactive.

La torréfaction a également un impact sur la couleur du grain : de blanc ou vert, il devient blond, brun, brun foncé ou noir. Plus les grains sont grillés longuement, plus ils prennent une teinte foncée et plus ils offrent un arôme corsé. Ainsi, on parlera de café brun, ambré, mi-noir ou noir.

Une fois torréfié, le café peut être vendu en grain ou déjà moulu. Certaines machines à café intègrent une option pour moudre les grains, cela permet d’obtenir un breuvage excellent, car frais. Le café moulu peut être également excellent, il doit pour cela être conditionné dans un sachet opaque et hermétique.

Une fois le café vert rendu à notre atelier, celui-ci aura déjà subi plusieurs tests de dégustation, basés sur plusieurs niveaux de torréfaction. Notre but premier est d’analyser le grain de café et de voir la façon dont les arômes de celui-ci se développent avec la torréfaction.

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